MAMADOU KANE, ETUDIANT AU CESTI
Ziguinchorois et dakarois,
sénégalais et congolais, comme il se définit, Mamadou Kane est un passionné de
l’écriture. Aujourd’hui en licence 3 en journalisme au CESTI, il vient de
publier « Des lyres d’un confiné », une œuvre poétique dont la
cérémonie de dédicace s’est tenue hier au CESTI. A la chambre 28 du pavillon B
à l’UCAD, quelques heures après avoir dédicacé son livre, entouré de ses
camarades de promotion, il répond sereinement à nos questions sur sa passion et
sur cette œuvre de 79 pages.
Qu’est-ce qui vous a
motivé à écrire ce livre ?
C’est le confinement.
Comme je n’avais pas grand-chose à faire et que j’ai l’habitude d’écrire, j’avais
besoin un peu de m’évader et de faire autre chose que de vivre la routine. Je
me réveille, je mange, je marche un peu, je me rendors. Il fallait inclure
quelque chose qui va changer mes journées. J’ai essayé d’écrire.
L’objectif premier n’était
pas d’écrire ou de publier un livre. C’était plutôt de s’épanouir, de vivre mes
délires comme je le sens. Et c’est ce qui a donné aujourd’hui « Des Lyres
d’un confiné ».
Pourquoi ce titre ?
« Confiné », ça
fait référence au confinement. « Des lyres » renvoient à la poésie, au
lyrisme, à la musique et tout ce qui tourne autour des sonorités ; des
lyres comme le plaisir que je ressens en écrivant.
Dans le livre, vous
parlez beaucoup d’amour, qu’est-ce que cela représente pour vous ?
L’amour, c’est la vie. Ce
n’est pas juste l’amour passionnel dont je parle. C’est plus l’amour avec un
grand A. C’est Dieu, c’est le père, c’est la mère, c’est l’ami, c’est le frère,
c’est la sœur. C’est surtout l’être humain. Ce n’est pas juste l’amour comme le
conçoivent les sénégalais.
Des poèmes également
dédiés à vos parents, qu’est-ce qui explique cela ?
Je les aime. J’ai écrit sur
eux parce que tout naturellement, nous avons un lien assez fort avec nos
parents. C’est eux qui nous ont mis au monde, c’est eux qui nous ont conçus. C’était
très naturel et normal pour moi de leur rendre hommage dans ce livre. Parce que
le confinement nous a rapprochés. Je me suis rendu compte à quel point ils sont
importants dans notre vécu. Et il fallait impérativement que je leur rende
hommage dans ce livre.
Vous avez également
parlé d’islam, de Mohamed (PSL), qu’est-ce que cela représente pour vous au
point de l’écrire dans votre livre ?
Cette période qui est le
confinement m’a permis davantage de m’incliner, de me ressourcer en la
religion. Donc, les gens vont se rendre compte que j’ai parlé de Mohamed (PSL),
de Dieu, du Coran. Le prophète Mohamed (PSL), j’ai appris à le connaitre
davantage aussi durant la période du confinement. J’ai eu à lire des livres qui parlent de lui,
lire aussi le coran assez couramment. J’ai cherché à comprendre Dieu et son
unicité, sa complexité dans toute sa grandeur aussi. Donc parler de la
religion, c’est parler de ce que j’ai fait durant cette période de pandémie à
covid-19.
Le sport aussi ?
On parle beaucoup de sport
dans ce livre. Je ne peux pas écrire sans pour autant parler du sport. J’ai
écrit un texte sur Sadio Mané. J’ai aussi parlé de la relation entre l’amour et
le sport. J’ai assez parlé du foot parce que c’est ce que je connais et
maitrise le mieux. J’ai essayé de marier un peu mes différentes passions.
Vous avez abordé dans
cette œuvre beaucoup de thèmes, quel est celui qui vous a le plus marqué ?
La vie !
C’est-à-dire ?
Parce que la vie inclue
tout cela. Elle inclut l’amour, les parents, la prise de conscience, la prise
de décision, qui sont tous des thèmes dans ce livre. Donc je pense que la vie constitue
le thème qui me tient le plus à cœur.
Le nom Moussa revient
souvent dans votre livre, c’est qui ce Moussa ?
C’est le prénom de mon
père, c’est le prénom d’un ami qui m’est très cher aussi. Moussa, c’est un ami,
c’est mon père. Il est source d’inspiration pour moi. Je ne cherche pas loin.
Vous êtes étudiant en
troisième année, comment alliez-vous étude et écriture ?
C’est simple. Je suis en presse
écrite. Donc j’écris. J’écris tout le temps. C’est d’ailleurs la raison pour
laquelle j’ai jugé nécessaire, en terminale, de faire le concours du CESTI. Comme
naturellement je suis un passionné de l’écriture, même étant scientifique, je
me disais que ce n’était pas trop ma vocation de faire de la science, d’aller
dans les laboratoires, de faire médecine ou la pharmacie, de suivre par exemple
une branche scientifique. Je me suis dit que la seule chose que je peux faire
actuellement, c’est d’aller passer ce concours. A cette époque, un des oncles m’a
parlé du concours, je lui ai demandé quelles sont les spécialités qui me seront
proposées. Il m’a dit …presse écrite. Je lui ai dit ok, ça marche.
Je suis venu au CESTI pour
faire la presse écrite. Pas autre chose, même si en deuxième année (2020/2021),
j’ai un peu pensé à faire Radio. Disant que peut-être je n’ai plus grand-chose à
travailler en écriture. C’était vraiment une grosse tromperie, un gros leurre,
puisque la presse écrite qui est l’écriture en journalisme, n’est pratiquement
pas la même avec l’écriture poétique ou littéraire, même s’il y a encore une
certaine capacité à pouvoir allier les deux afin de créer un mélange qui ne va
pas créé trop de jalousie entre l’écriture littéraire et celle journalistique. J’ai
essayé donc d’allier les deux. C’est très facile parce que dans les deux cas,
j’écris.
A la fin du livre, vous
écrivez une lettre au Président, c’est quoi l’objectif ?
Ce n’est même pas le
président de la République, mais le Père de la nation. Donc je l’ai écrite en
tant que fils qui parle à son père afin qu’il puisse se rappeler aussi que ses
enfants sont là. Ce n’est pas parce qu’ils ont peur qu’ils ne lui parlent pas
directement. C’est peut-être parce qu’ils n’ont pas les canaux adéquats pour
qu’ils puissent s’adresser à lui et lui exprimer son ressenti. Je n’ai pas
parlé au président de la République mais au père de la nation, en tant que fils
indigné.
Indigné de quoi ?
Indigné de la situation. Même
si le livre je l’ai écrit en deux ans, je pense que cette lettre reste
d’actualité. Il y a une semaine juste que les enseignants ont repris le chemin
des classes. Et ce sont les enfants qui en ont pâti. Jusque-là on se demande qu’est-ce
que le président a fait pour ces élèves.
On voit la grève des étudiants très souvent à l’Université Gaston Berger de
Saint-Louis ; Des étudiants qui souffrent parce que juste ils n’ont de
quoi régler leurs problèmes les plus élémentaires ; Les onze « anges »
qui ont perdu leur vie récemment à Tivaoune. Donc l’enfant, le jeune souffre
dans ce pays. Et on entend à peine ce président de la République, ce père de la
nation, poser des actes concrets pour leur venir en aide.
Vous êtes à votre
deuxième livre, quelles sont les perspectives dans le futur ?
Ecrire, toujours écrire,
encore écrire pour paraphraser l’ancien président M. Abdoulaye Wade. Il n’y a
pas de perspectives bien précises, c’est juste que j’ai arrêté de calculer, de
faire un programme dans la vie. Je veux juste suivre le cours et le courant de
cette vie. Qui sait, ce serait peut-être mon dernier livre. Peut-être encore
j’aurai à en écrire d’autres. Dans tous les cas, je vais continuer à écrire.
Abdoulaye GUEYE et Alpha SYLLA

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