RECRUDESCENCE DES ATTAQUES TERRORISTES AU BURKINA FASO, L’HEURE DES QUESTIONS ET REPONSES

RECRUDESCENCE DES ATTAQUES TERRORISTES AU BURKINA FASO, L’HEURE DES QUESTIONS ET REPONSES

Moins de trois mois après le départ forcé du président  Christian Roch Kaboré et la prise du pouvoir par les militaires, le Burkina Faso fait face à une situation de recrudescence des attaques terroristes. Le chef de la junte militaire ayant pris le pouvoir, a annoncé un possible dialogue avec les groupes de la terreur.

Analyse

La chute du Roch Marc Kristian Kaboré le 24 janvier est justifié par un déficit sécuritaire et son « incapacité », lui et son gouvernement à assurer la sécurité des burkinabè. L’armée ayant ainsi pris les manettes avait promu de restaurer la dignité de l’Etat mais également d’apporter la sécurité tant chanté par les citoyens de ce pays. Seulement depuis lors la situation n’a fait qu’empirer alors les dirigeants appellent les populations à « faire confiance à l’équipe en place ».

Recrudescence des cas d’attaques

 Après avoir éjecté le président de son fauteuil de président, le nouvel homme fort du pays, le colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, entouré de ses « soldats » ont été applaudi par tous les burkinabè. Car la situation qui prévalait dans le pays « délégitimait » le gouvernement en place. Les militaires ont réussi après quelques tractations, à mettre en place une équipe gouvernementale afin de répondre aux besoins des citoyens du pays. Notamment la sécurité. Une équipe pas très politique, à part la reconduction de certains « hommes » de l’ancien régime comme Barthélémy Simporé et autres. Une décision saluée par pas mal de gens qui ont eu l’espoir que les choses allaient aller mieux. En témoigne l’émission Appel sur l’Actualité de la RFI dédiée à l’appréciation et l’interprétation des burkinabè de la mise en place d’un gouvernement de transition. D’autant plus que le chef de l’Etat actuel est l’auteur d’un ouvrage dans lequel il passe en revue les stratégies et politiques mises en place jusque-là par les gouvernants. Et plus, en propose aussi en tant que connaisseur du domaine mais aussi en tant que militaire ayant été l’un des acteurs les plus près de la lutte contre le djihadisme dans le pays et la sous-région. Et que le mot « sécurité » hante les lèvres du tombeur de Roch : « La sécurité est le premier objectif de nos actions et restera notre combat de tous les jours ». Hélas, rien n’a changé. Du moins pour le moment.

Le pays est, depuis des jours confronté à un regain de la violence et des attaques des groupes armés. Dimanche 21 mars dernier, au moins 12 éléments des forces de défense de sécurité ont été tué dans l’est du pays, à la suite d’une attaque attribuée à ces groupes armés affilié eu réseau Al-Qaïda et État islamique.

Selon une sécuritaire de la défense du Faso, ce 2 Avril 2022 plus de 20 personnes ont péri dans une nouvelle attaque terroriste dans le centre-est du pays. Alors qu’une autre attaque terroriste au poste de contrôle de police de Kongoussi, sur l'axe menant à Djibo a fait deux (02) morts lundi 04 Avril matin dont un policier et un civil, informe une source locale. Une sixième attaque depuis dix jours, note Tribune Ouest. Ajoutée à celle survenue ce 08 Avril avec 12 soldats et 4 supplétifs de l’armée tués dans une embuscade contre un détachement militaire.

Dialogue avec les groupes terroristes

Le président Damiba a, dans son adresse à la nation du 02 Avril 2022, évoqué son intention de dialoguer avec les groupes terroristes en vue d’un retour de la paix au Burkina Faso. Une mesure très délicate et pas de surprise réelle, les Forces de Défense et de Sécurité n’étant manifestement pas en position de force contre le terroristes. Alors que les attaques se multiplient sur le territoire national. « J’ai décidé la création de comités locaux de dialogue pour la restauration de la paix dont la mission est d’initier des approches avec les membres des groupes en rupture de dialogue avec la Nation. La stabilisation du Faso ne passera pas seulement par des combats », a-t-il déclaré.

En outre, cette idée est confortée par son refus de signer de diversifier ses partenaires dans la lutte, préférant « donner plus de chance » aux alliés historiques notamment les Etats-Unis, la France et l’Union Européenne.

Négligence des Chefs d’Etat et manque de Soutien de la part des Voisins

Dans son message lors de la 9e édition des journées minières et pétrolières du Mali, le Chef du gouvernement malien Choguel Kokalla Maiga déclare : « La solidarité entre nos deux peuples (malien et burkinabè), le soutien mutuel de nos deux chefs d’Etats (Mai-Burkina), la solidarité entre tous les chefs d’Etats du Sahel constitueront les seules solutions véritables pour gagner cette guerre ». Ces propos sont d’autant sensé que l’Afrique fait face depuis 2015 une recrudescence des attaques djihadistes très meurtriers. Et aucun pays ne pourra faire face seul à la menace, quel que soit son arsenal militaire ou technologique. Les attaques subites par les puissances occidentales, aussi bien à l’extérieur (leurs ambassades) que dans leurs territoires nationales, prouvent à suffisance que le phénomène terroriste dépasse les Etats. Et qu’il faut une mobilisation générale.

Les organisations régionales et sous régionales telles que l’Union Africaine, la CEDEAO et ses homologues, devraient aller au-delà des seules considérations et compétences politiques. Et s’impliquer davantage activement dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel et le bassin du lac Tchad. Parce que la stabilité politique dans cette région dépend en grande partie de l’amélioration de la situation sécuritaire qui y prévaut. Et arrêter de croire que l’Afrique peut « importer la paix » et attendre patiemment « père noël » pour espérer être sauvé.

Impératif de changement de partenaires et/ou stratégies de luttes

Après la chute d’IBK au Mali, l’un des premiers actes posés par le nouveau gouvernement de transition était réviser les accords de partenariat signés par les anciens présidents avec des puissances occidentales. Ce fut un acte « osé » disaient certains. La sécurité étant l’un des principaux vecteurs de la paix, les autorités ont décidé de diversifier les partenaires militaires avec l’entrée en jeu de la Russie. Qui, sa présence était jusque-là méfiée et insignifiante dans le Sahel. Cette décision est accueillie par Paris comme « trahison ». Allant même jusqu’à menacer de retirer sa force militaire engagée dans le sahel et au Mali depuis plusieurs années. Malgré son refus de caler un calendrier « raisonnable » pour la tenue d’élections pour le « retour de l’ordre constitutionnel », la junte au pouvoir a réussi, quand même à reconquérir « bonne partie du territoire nationale et a permis le retour de pas mal de populations dans leurs zones. Bien que sous embargo politique et économiques depuis plusieurs mois, le Mali constitue aujourd’hui un bon exemple de résistance et de mise en place de stratégie de lutte contre le terrorisme. Même si des efforts restent à faire, le changement de politiques de coopération militaire et de lutte sur le terrain est impératif pour « reprendre les territoires » déjà sous contrôle djihadiste.

Le Burkina Faso doit aujourd’hui résoudre cette grande question de sécurité. Avec tous les moyens possibles. Car « quand la patrie est menacée, seul l’efficace est l’ami » et toute collaboration ne devra dès lors avoir qu’une seule et une unique finalité : LIBEREZ LE PAYS.

 

 


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