« INVASION DE L’UKRAINE PAR LA RUSSIE »: Qu’en-est-il réellement ?

«La Russie a envahi l’Ukraine » est la phrase fétiche qui habite les bouches. Sur les plateaux de télé, dans les studios Radio, les journalistes aussi envahissent l’information. Mais qu’en-est-t-il réellement de cette « invasion ». 

Quelles sont les conséquences de cette « attaque » pour la paix mondiale ?

 Pourquoi l’Ukraine est si important pour la Russie ? 

 Depuis tôt le mardi, les médias renseignent que le pays de Vladimir Poutine a envahi l’Ukraine. Par cet acte, le président a joint l’acte à la parole. En effet, le patron du Kremlin a cessé de clamer l’appartenance de l’Ukraine dans la Fédération de Russie. L’armée russe a ainsi déployé ses troupes dans les territoires du Donetsk et du Lougansk pour, dit-elle, protéger les populations de ces Etats. Vladimir Poutine quant à lui, a laissé entendre qu’ « il s’agit d’une opération spéciale pour dénazifier et démilitariser l’Ukraine ». Un acte inacceptable et inadmissible pour les occidentaux, qui condamnent tour à tour ce qu’ils qualifient d’invasion. 
 Mais qu’est-ce qui justifie une telle "attaque" ? 

 Pourquoi la Russie insiste –t-elle sur l’idée d’appartenance de l’Ukraine dans la fédération de Russie ? 

 Quelles sont les conséquences de cette « invasion » aussi bien pour l’envahisseur que l’envahie ? 

 Éléments de réponses 

 Dans la préface du rapport « Le monde en 2035 vu par la CIA », Adrien Jausmel « évoque les tensions créées par les grands États pour étendre ou défendre leurs sphères d'influence. Tout en maintenant leur stabilité intérieure, leur compétition peut faire naître des conflits entre ces ensembles, mais aussi dans les zones grises situées à leur jonction ». L’auteur met en exergue ici un scénario très probable qui peut, vraisemblablement justifier ce que le monde en général et l’Europe en particulier est en train de vivre. Évidemment, Poutine a toujours considéré l’Ukraine comme partie intégrante de la Russie. Et ses différentes sorties médiatiques sur ce sujet et l’annexion en 2014 de la Crimée constituent la preuve la plus achevée. Seulement, l’Ukraine faisait la sourde oreille en se contentant des discours distractifs de la coalition militaire occidentale, en l’occurrence l’Otan. Et les présidents français, américain, britannique n’ont pas trouvé mieux que de brandir des sanctions qui, malheureusement, ne portent aucun fruit -en tout cas- pour le moment. Car, rappelons-le, la Russie est sous sanctions européennes depuis 2014 mais cela ne l’a nullement détourné Poutine de son « bonhomme de chemin ». Les forces de l’Otan et les armées américaines (Usa) se sont, à nouveau, révélés impuissants à empêcher cette invasion de l’Ukraine. 
Ce qui fait au confrère du quotidien « Le Témoin » : « les forces de l’Onu et de l’Otan, c’est le malheur des petits pays arabes et africains comme Afghanistan, l’Irak, la Gambie, le Mali, la Guinée, la Côte d’Ivoire etc. ». 
Le pauvre Ukraine se retrouve visiblement toute seule face à la deuxième puissance militaire mondiale. Qui est déterminé à en découdre avec cet « Etat nazi ». Et cette fois-ci aussi, l’OTAN, avec toute sa « force militaire » est révélé incapable en tentant de jouer à l’hypocrite. 

 Par ailleurs, la sortie médiatique du président de la première puissance économique et militaire mondiale était toute aussi attendue pour amorcer une désescalade du conflit. Seulement, Biden, tout comme ses homologues européens n’a pris qu’une batterie de mesures de sanctions. Sanctions qui s’ajoutent à celles de 2014 infligées à la Russie par l’occident après la prise de Crimée. Il n’y aura finalement pas de containtment. En tout cas, pour le moment. Pendant ce temps, l’Ukraine n’a que ces yeux pour pleurer face à une armée russe qui continue davantage vers la capitale, Kiev. 

 Pourquoi l’Ukraine est si important aux yeux de Poutine?

 Après l’éclatement de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) en 1991, le bloc de l’Est fut ainsi dissout. Des micros Etats voient ainsi le jour avec notamment la Pologne qui est l’ancien capitale militaire des troupes de l’alliance Est. L’implosion de la Tchécoslovaquie, membre des troupes de Varsovie, et démocratie populaire a donné naissance à plusieurs pays comme la Serbie, la Croatie et autres. Cependant, le Cas le plus marquant en Europe de l’Est reste sans conteste l’Ukraine. Cet ancien territoire de l’URSS devenu indépendant en 1991, avec la chute de l'URSS est dans le collimateur du Patron du Kremlin depuis plusieurs années. L’Ukraine qui a frontière de 2000 km avec la Russie représente un grand enjeu sécuritaire pour Poutine. L’entrée de Kiev dans l’OTAN ou dans l’Union Européenne porterait donc un dur coup sur la géopolitique de la Russie. «À ces yeux, l’Ukraine est un pays menaçant et infiltré par les États-Unis, par l’OTAN. Un pays qui sort du giron de la Russie et donc c’est un pays qu’il doit reconquérir » explique Charles-Philippe David, professeur au département de science politique de l’Université Québec à Montréal. « L’invasion » de Kiev par Moscou n’est donc que la concrétisation d’une idée soutenue par le président Poutine depuis plusieurs années. 

 Conséquences de ce « conflit » 

 En effet, au-delà des vagues de condamnation de la part et d’autre et dont les effets peuvent ne pas être immédiats, l’attaque de l’Ukraine par la Russie pourrait avoir de graves conséquences sur le processus de paix enclenché dans cette partie d’Europe depuis la fin de la guerre froide. Et le risque de l’escalade de la violence est réel dans cette partie de l’Europe. Car, les pays de l’alliance atlantique annoncent l’activation de sa force rapide pour « riposter à une éventuelle attaque de la Russie contre un des leurs ». 
 L’autre conséquence auquel le monde pourrait faire face est la possible intervention de la Chine cette guerre aux enjeux géopolitiques énormes. "La République rouge" qui entretien de fortes relations avec la Russie pourraient en effet indirectement s’inviter dans l’arène. Elle pourrait secourir financièrement la Russie, qui fait face à de nombreuses sanctions économiques. 

Une alliance entre la deuxième et troisième puissances militaires mondiales accroitraient le risque de conflit auquel le monde fait face. Même si la confrontation directe entre les grandes puissances est très improbable. 

 Ainsi, les peuples s’interrogent sur l’avenir de ce monde de technologies de pointes avec tous les armes de destructions massives face aux chocs des intérêts et ambitions inassouvies des Etats. Mais aussi, cette menace de guerre et de terreur qui pèsent quotidiennement sur l’esprit des pauvres populations innocentes. Le temps des interrogations est là.

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