Cameroun 2021, La CAN des Premières
Décidément, cette Coupe d’Afrique des nations est une Première. Première, parce que c’est l’édition depuis l’apparition de la pandémie de covid-19. Première parce que c’est la session qui a le plus causé de bruit. Mais mieux, parce que, la première fois depuis 1956, que les 2/3 des sélectionneurs des équipes qualifiées sont des entraineurs locaux, une toute première.
Une compétition en pleine pandémie de Covid-19
Après une délocalisation en Egypte en 2019 pour des raisons matérielles et techniques, et un report au mois de juin dernier, la Coupe d’Afrique des nations édition 2021 se tiendra cette année au Cameroun. Cependant avec la pandémie de Covid-19 notamment la découverte d’un variant en Afrique du Sud appelé Omicron a fortement obstrué l’idée de la possible tenue de la CAN. La forte propagation de ce mutant qui a fait le tour des continents inquiète les spécialistes africains du ballon rond. De l’autre côté de la planète, cette circonstance est prise pour une excuse pour soutenir la thèse d’un possible report de la CAN. Sachant que la tenue de ce tournoi continental attente à la bonne marche de certains championnats comme ceux de France ou de l’Angleterre. Ce bruit alimenté par différents médias et clubs occidentaux avaient poussé le président de la FECAFOOT à éclairer la lanterne. Dans un entretien accordé site, il déclare : « .. ».
C’est le président de la Confédération Africaine de Football, Patrice Motsepe qui en a officialisé. Ce, après une réunion de l’instance exécutif de la CAF et une rencontre le président de la CAF a eu avec le chef de l’Etat Camerounais et la Fédération Camerounaise de Football (La FECAFOOT), dirigée depuis quelques semaines par l’international footballeur Samuel E’TOO. Ce déplacement de l’homme d’affaire-président en terre camerounaise intervient quelques jours après que des rumeurs ont fait écho de l’impossibilité de la tenue de la compétition en janvier et donc d’un potentiel nouveau report.
Mais malgré l’insistance des dirigeants du football africain pour la tenue de la CAN en dépit de la situation sanitaire, les clubs européens n’ont pas hésité d’engager un bras de fer avec les fédérations africaines. Avec notamment la libération des joueurs africains pour rejoindre leurs sélections nationales. L’édifiant cas fut celui de l’ailier sénégalais Ismaïla SARR. En effet, Watford dans un communiqué a fait comprendre à la fédération sénégalaise qu’il ne lâchera pas son joueur. Une note que le pays de la Téranga a jugée irrespectueux et a notamment menacé de recourir aux institutions compétente pour espérer avoir gain de cause.
Depuis l’Egypte 1956, la majeure partie des sélections africaines étaient à leur banc des sélectionneurs étrangers. Une tradition qui s’est perpétuée jusqu’à la dernière Coupe d’Afrique des Nations qui s’étaient tenu en Egypte (Egypte 2019). Ainsi, après l’illustration de deux coaches en l’occurrence Aliou Cissé et Djamil Belmadi respectivement du Sénégal et de l’Algérie, la donne a changé. Avec la compétition continentale de cette année, c’est quinze professionnels locaux au banc des sélections africaines qualifiées pour la CAN. Avec notamment la présence des incontournables Cissé et Belmadi.
La contribution des entraineurs Aliou Cissé et Djamil Belmadi à la prise de conscience
Depuis la finale de ce tournoi continental qui avait opposé le Sénégal à l’Algérie au Caire en Egypte, les deux entraineurs continuent de faire parler de leurs noms. Chacun de son côté égraine les victoires et les records. En effet, le Sénégal reste depuis la finale de 2019 la première équipe de football au niveau continental. Le pays de la Téranga maintien également toujours sa place de 20eme au classement mondiale de la FIFA, donc toujours la première au niveau du continent.
Du côté de l’Algérie, c’est la belle époque. Après avoir été champion d’Afrique en 2019 face Sénégal, elle a remporté le trophée en finale de la coupe d’arabe en battant la Tunisie un but à zéro. Les fennecs terminent belle cette année 2021 en restant imbattable pendant plus de trente matchs. Une première dans l'histoire du football africain. Et selon un classement de la Caf, ce pays de l’Afrique du Nord se pointe au trône sur le classement des équipes africaines de l’année écoulée.
Ces belles illustrations ont permis aux deux sélectionneurs nationaux Aliou Cissé et Djamil Belmadi de devenir des modèles d’entraineurs locaux pour diriger les équipes du continent noir. Ainsi, ils ont contribué de manière significative au changement de regard dans le choix des techniciens de nationaux. Le licenciement du technicien français par la Fédération Guinéenne de Football à quelques jours de la CAN du technicien et le remplacer par un entraineur de la place témoigne de la confiance accordée à l’expertise local.
Les critiques et pressions des supporters
L’Afrique est un contient très ethnicisé. Et le choix du technicien devant diriger les sélections de football bute souvent sur cet aspect. Et surtout s’il s’agit d’un entraineur de la place. Dans certains pays, choisir une personne pour diriger l’équipe nationale n’est pas toujours chose aisée. La pression locale est très forte et parfois les conséquences ne manquent. Gernot Rohr, actuel coach du Nigeria et qui a eu à diriger d’autres sélections comme celles du Gabon, le Niger et le Burkina Faso explique : c’est un problème spécifique de la composition des équipes africaines. S’il y a un entraineur local, il appartient à une ethnie et la situation locale appartient fait que l’on se méfie du choix d’une personne qui appartient à une telle ou telle ethnie. On a parfois plus confiance en l’objectivité d’un entraineur étranger mais aussi en son expérience et sa connaissance du football européen.
Pour Oualid Hamdadou, l’entraineur local ne peut pas exercer tranquillement son travail. Surtout que les supporters vont le mettre sous pression et lui réclamer monts et merveilles ». pour cela, « il faut que l’entraineur local ait une forte personnalité pour réussir comme l’ancien sélectionneur du Nigeria Stephen Keshi qui a remporté la CAN en 2013 » ajoute le journaliste.
Même si souvent les critiques et pressions des supporters font tomber à l’eau certains projets d’entraineurs locaux, des internationaux comme Aliou Cissé du Sénégal (en poste depuis 2015) ont réussi à franchir le pas avec une prolongation de son centrât avec la Fédération Sénégalaise de Football et des résultats convaincants. (Avec Actusen et Football.fr).
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