Coup de force en guinée

Après une révision de la constitution controversée, le président de la République de la Guinée s’est donné encore l’occasion de se scotcher au fauteuil présidentiel. Cette « réélection » a donné naissance de violentes bavures post-électorales, qui ont occasionné beaucoup de blessés et de nombreuses pertes en vies humaines. Ce climat sociopolitique tendu n’a pas fait reculer d’un seul centimètre Alpha Condé, qui ne voyait que la satisfaction de ses pensants politiques. Et malgré son âge avancé, il n’a pas su éviter le sort subi par le désormais ancien président Malien Ibrahim Boubacar Keita (IBK). 

 Une conception monarchique et familiale du pouvoir 

 Le continent africain est connu, au-delà de ces atouts naturels, sa démographie, le phénomène inquiétant du terrorisme, pour la maladie de ses dirigeants à s’éterniser au pouvoir. Qui considèrent que le pouvoir est absolu et qu’ils règneront comme tant qu’ils le voudront. Les cas de Paul Biya, Pierre Obiang Guema de la Guinée Equatoriale, Dany Sassou Guesso de la République du Congo et Youri Musoveni de l’Ouganda montrent clairement que le phénomène des Royaumes reste encore une réalité. Ces hommes cumulent plus de quatre mandats à la tête de leur État. Cette longévité leur fait croire qu’ils sont indéboulonnables, indétrônables. Et Alpha Condé n’est qu’une malheureuse victime de cette infondée et injustifiée croyance. Ce pauvre continent fit malheureusement dès le départ un faux pas. Après avoir vécu des moments les sombres de l’histoire de l’humanité, le voilà encore et toujours être rattrapé par son propre passé. Un passé douloureux, triste, inhumain. Ainsi, malgré le peu d’espoir nait des « indépendances », la mère de l’humanité peine toujours à joindre les deux bouts. L’indépendance n’existe que sur le papier et la maturité de nos élites politiques reste encore un souhait. Des gouvernements sont faits et défaits chaque fois que les intérêts étrangères apparaissent et disparaissent. Malheureusement, les africains n’arrivent toujours, pour le moment, à tirer les leçons de leur passé politique. Un passé politique marqué par pas mal d’épisodes. Des détournements de fond, des emprisonnements arbitraires, l’hypocrisie étrangères, des liquidations d’opposants politiques ou d’équilibreurs sociaux, « la politisation à outrance de l’administration publique », les successions de crises politiques, électorales, et post-électorales, des renversements de régimes et des assassinats. Chaque président élu a pour premier acte à poser la modification des textes constitutionnels dont le seul but est de s’éterniser au pouvoir. Certains même font de ce pouvoir une affaire de famille, de royaume, c’est-à-dire qui se transmet de père en fils. Cette conception monarchique et familiale du pouvoir constitue une véritable menace pour nos Républiques.

 Pauvre Afrique

 Revenons un peu sur ces multiples renversements de régimes politiques qui ont été notés dans le continent noir. La plus grande tragédie de la mère-Afrique a été l’accession au trône d’hommes et femmes ennemis de ce continent. Dans les années 60, si certains avaient loué et continuent de le faire, du courage et du travail abattu par ceux qu’on nomme les « Pères de l’indépendance », force est de reconnaitre qu’en ce moment (les années 60), le besoin d’octroyer et d’accéder à la souveraineté internationale n’était plus une option. C’est pourquoi, les anciennes puissances coloniales, bien ayant ‘’affranchi’’ les pays africains, n’ont jamais voulu quitter cette terre. C’est d’ailleurs ce qui fait dire à certains intellectuels du continent que les indépendances n’ont pas été réfléchies. Car le plus important devait être de voir comment et pourquoi (en ce moment), accéder de cette autonomie, le contexte. Ainsi, si certains pensaient que la mère l’humanité pouvait désormais jouir de son âge avancé et se nourrir des privilèges de son sol et sous-sol, de la sueur de ses enfants, c’était sans prendre en considération la place stratégique de ces nombreuses ressources naturelles que regorge le continent, dans l’espace géopolitique mondial. Or, diamant, cuivre, aluminium, bauxite, cobalt, fer, sont entre autres avantages qui ont poussé les anciennes puissances coloniales à ne jamais vouloir s’éloigner le continent. Et il est hors de question que les nombreux assassinats de personnalités un peu hostiles aux intérêts particulièrement occidentaux prouvent à suffisance que ces toujours la main extérieure qui commande et recommande. Qui décrète également qui est bon pour le peuple africain, et qui ne l’est pas. Elle (la main extérieure) s’est également donné le droit de déterminer qui est démocratique, donc pacifique et patriotique de celui qui ne l’est pas. Et le plus triste dans tout ça, c’est que les dirigeants africains n’ont toujours voulu et pu couper ce cordon, cette relation hypocrite et sans fondement. Ont-ils une dette morale envers ces gens-là ? En tout cas, dès les premières heures de leurs mandats, ils affichent d’ores et déjà une position très claire : être un éternel et fidèle serviteur de leurs maitres. Et les hommes politiques qui ont réussi à résister, qui ont pu tenir malgré tout, sont souvent victimes de la naïveté et du manque de maturité de leurs frères de couleurs et de sang. Des lynchages médiatiques, à n’en pas finir. Encore des coups d’état ou des assassinats. Toujours un éternel recommencement.

 Y a-t-il des raisons d’être optimistes, quant au possible dépassement de cette situation. Qu’en a l’effective autonomie politique et économique du continent ? En tout cas Momar DIONGUE nous apprend dans son Edito (N°8 mars 2015), qu’il suffit que nos mentalités évoluent positivement pour que « notre continent » avance résolument. 

 Un regard de réconfort au PEUPLE GUINIEN FRERE

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