Le manque de vision de nos élus, l’autre danger de notre localité 

En deux mille quatorze (2014), j’ai été témoin oculaire de deux promesses qui sont surement celles du siècle. En effet, en campagne pour les joutes électorales locales de 2014, j’ai eu la chance ou la malchance d’assister à deux meeting organisés d’abord par le maire-sortant de la commune de Sinthiang Koundara et après celui tenu par son (seul) adversaire candidat à la mairie. Après avoir reçu un accueil triomphal, symbolique, le candidat sortant (toujours le maire de la commune) décide alors de monter sur le podium et exprimer sa satisfaction quant à la mobilisation. Il n’a pas également manqué à signifier à cette localité de (sa) commune le poids et la place qu’elle occupe dans l’électorat communal. C’est ainsi que l’élu-roi, pour conclure son allocution, déclare ceci : « Je vais offrir au village (Sinthiourou Samba Foula) trente milles (30000) francs CFA». Et la seconde promesse fut faite par l’autre candidat est e quarante milles 40000 francs CFA. Drôlement Historique non ! 

 Les promesses ?

 À l’accoutumée, les hommes politiques, dans cadre de leurs campagnes, essaient de faire une étude théorique des doléances de chaque localité de leur circonférence communale. Ces doléances définiront en grande partie la feuille de route du candidat. Malheureusement, chez nous, les politiques, en plus d’être mentalement miséreux, sont politiquement défavorisés. Dans une commune comme Sinthiang Koundara, avec toutes ses potentialités et ses atouts commerciaux (le louma hebdomadaire), environnementaux et humains, il suffit juste d’avoir des hommes avec une vision politique originale pour la faire décoller. Avec plus de quatre-vingt pourcents de sa superficie de terres cultivables, un environnement favorable au développement de beaucoup d’activités comme l’agriculture et de projet comme le maraichage, la transformation de produits céréaliers…

 Le triste constat

 Nous sommes dans une zone on manque de tous. L’accès à l’électricité reste encore un rêve pour quasiment toute la commune, pas de réseau de télécommunication, pas d’infrastructures sanitaires, routières, sportives, pour ne citer de cela. L’idéal serait qu’on fasse de ces manques notre principale et seule préoccupation. Le virus tueur dans cette localité, le danger, c’est sans aucun doute le manque de vision de nos élus locaux. En effet, au lieu de développer des projets de développement où les jeunes et les femmes pourront travailler et gagner décemment leur vie, ils (les politiques) préfèrent octroyer des sommes faramineuses à des personnes anonymes pour que ces dernières leur rendent service le jour du vote. Ce qui fait dire même à certains que nous n’avons jamais eu de dirigeants, de maires, d’élus, mais plutôt des éternels candidats. Ils ne sont actifs quand il y a scrutin. Ils ne visualisent que quand des élections sont proches. Les politiques ne sont mises en place que quand les dates sont calées. Ils ne connaissent leur peuple que lors des périodes de campagnes électorales. Ils ne parcourent nos routes que quand ils ont besoin de nous. Bref, ils ne viennent vers nous que lorsqu’ils savent que la durée de leur mandat est à terme. La plus grande tragédie du peuple de cette localité fut, comme le pensait Alain Coutte au sujet de l’Amérique, l’hégémonie croissante de candidats anti-peuple au sein de celui-ci. Les embobinages répétitives expliquent aussi en grande partie l’immaturité de l’analyse de l’histoire politique de cette partie du pays, par ces gens qui remplissent ces villages. Ainsi, huit ans après, nous voilà encore en route pour un moment crucial de l’avenir de notre commune. Les candidats ne manquent certainement pas, mais grand sera le défi de choisir le (la) bon (ne), le (la) meilleur (e), le (la) plus placé (e), le serviteur, pas l’intouchable, ni l’inattaquable.

 RDV LE 23 JANVIER 2022

 Mais entre-temps, repensons nos actions et réactions, et raisonnons nos mobilisations.

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